lundi 25 août 2014

La playlist de Daï #1 : "Ambiance de fin d'été"



Depuis quelques temps j'avoue ne plus être au top, niveau musique... 

Pourtant dans les 20 premières années de ma vie, il n'y avait que cela qui comptait...
Je me souviens de cette phrase-test prononcée juste après "t'as quel âge?"  lors de nouvelles rencontres: "Et sinon t'écoutes quoi toi comme musique?"...  qui selon la réponse pouvait réduire une amitié naissante, à néant "laisse tomber c'est un blaireau, il n'écoute que de la daube!"... faut dire que j'écoutais du lourd... Promis un jour je vous ferai une playlist de l'époque et on va bien se marrer! 

En tout cas, le fait est que la musique n'a plus autant de place dans ma vie et il a deux raisons principales à cela:

-la dématérialisation: Oui, je suis fan de dématérialisation, j'aime le vide, je déteste les CDs (et les DVDs encore plus)... mais depuis qu’écouter de la musique à la maison demande d'être technicien supérieur de l'audiovisuel (ah pourtant c'est ce que je suis déjà....)... Enfin, depuis qu'écouter de la musique demande d'être expert en ingénierie des câblages, des télécommandes et des périphériques... j'ai lâché l'affaire... perdue entre la freebox, l'ampli, les 3 HDMI, l' Apple TV et j'en passe...
Alors je me suis acheté un petit dock et un casque pour smartphone et enfin j'ai retrouvé l'envie!

-le temps: Quand on a des enfants, il faut faire des choix dans ses loisirs... et être calée en musique, c'est vraiment chronophage! Ecouter, faire le tri, lire les Inrocks et/ou Télérama, en discuter avec ses pôtes (ce qui implique de voir ses pôtes)... bref c'est un travail à plein temps!
Alors j'ai pensé à mon ami Dj Daï, hé dis-moi, cela te dirait de me faire des playlist? 
Et, ô joie, il a accepté!
C'était pas forcement gagné... il faut dire que je me sentais un peu merdeuse en repensant aux soirées avinées où j'exigeais de façon fort peu sympathique qu'il passe un Madonna, un Dalida ou un Rihanna (bref un truc en A)!
Mea Culpa...

Je vous laisse écouter cette première Playlist de Daï "Ambiance de fin d'été"... quand on profite avec un pincement au coeur des derniers moments avant la rentrée...


Retrouvez les actus de Daï sur sa page Facebook et plus de Playlist sur son profil Spotify.

mardi 12 août 2014

Le Familistère de Guise


©1000-lieux/paule hautefort

Je ne sais pas vous... mais cet été particulièrement violent me fait voir la vie en noir! Proche-orient, Ukraine sont autant de théâtres où se jouent l'incommunicabilité et de la haine entre les peuples... (et en plus il pleut!)
Alors histoire de se redonner un peu d'espoir, je vais vous parler aujourd'hui du Familistère de Guise. Je ne sais pas pourquoi mais cela fait au moins 10 ans que je rêve d'y aller... Rêve pourtant à ma portée (moins de 200km de Paris...) mais étonnamment resté inassouvi... 
C'est l'histoire d'une utopie réalisée...  Ok, il n'y a pas vraiment de happy end... mais au moins cela a eu le mérite d'exister!  

Tout commence en 1817 à la naissance de Jean-Baptiste André Godin, dans une famille modeste. Ouvrier méritant, il fondera en 1840 un atelier de poêles en fonte qui deviendra 20 ans plus tard une prospère industrie: Les Poêles Godin.

©1000-lieux/paule hautefort

Tout au long de sa vie "Monsieur Godin" (comme ils s'appellent dans le coin) sera en quête de justice sociale. Dès 1859, inspiré par les doctrines de Charles Fourier, il entreprend, à proximité de son usine de Guise, la construction d'un "palais social" afin d'y loger ses employés et leurs familles (2000 personnes) dans des logements décents et hygiénistes. 

©1000-lieux/paule hautefort

Luttant contre l’idée de la maison individuelle, Jean-Baptiste Godin, pense qu'en proposant des infrastructures communes, le familistère crée des "équivalents de la richesse bourgeoise" auxquels les ouvriers ne pourraient accéder de manière individuelle: luminosité des logements, circulation de l'air, accès à l'eau potable à chaque étage, buanderie, douches et piscine communes (équipée d'un sol mobile qui permet aux enfants de s'y baigner) et chauffées par l'eau provenant de la fonderie.

©1000-lieux/paule hautefort
©1000-lieux/paule hautefort

Jean-Baptiste Godin accorde aussi une place prépondérante à l'éducation. Il construit au sein du palais social des écoles mixtes et obligatoires jusqu’à 14 ans (l'age légal étant de 10 ans à l’époque) une bibliothèque et un théâtre qui se veut être l'église du familistère. Ce théâtre sera un temple anticlérical du culte du travail, de la coopération et de l'éducation des adultes. Y seront donnés de nombreuses conférences ainsi que des spectacles plus populaires. 

©1000-lieux/paule hautefort

En 1880, Jean-Baptiste Godin arrive au point d'orgue de son projet en créant l'association du travail et du capital ou société du familistère. Propriétaire jusqu'alors de tout, il transforme l'entreprise (et les logements) en coopérative de production. Les bénéfices financent les infrastructures et ce qui reste est distribué aux ouvriers proportionnellement au travail fourni et sous forme d'actions, dans un premier temps, et de liquidités avec l’ancienneté. Cette organisation financière et sociale fonctionnera bien après la mort de "Monsieur Godin" (1888) puisqu'elle prendra fin en 1968 alors que l'entreprise est confrontée à des difficultés économiques et que l'esprit coopératif s'est progressivement essoufflé. L'usine rachetée par Le Creuset fonctionne encore et fabrique de petites pièces en fontes. 

Les logements ont été vendus en 1968 et le palais social a été classé monument historique en 1990. Une partie du familistère a toujours fonction d'habitation alors qu'une autre est aujourd’hui ouverte au public.
Grâce à une intéressante et moderne muséographie, le familistère est revenu au centre de la vie culturelle car il propose outre les bâtiments aux infrastructures rénovées et les exposition permanentes, des expositions temporaires, des spectacles, des conférences et même des ateliers pour enfants.

©1000-lieux/paule hautefort
Exposition temporaire: "appartement témoin de son temps" Joël Ducorroy;  jusqu'au 15 février 2015 

Et voilà une nouvelle chose de faite dans ma to-do list  "urbanisme et organisation sociale", ma prochaine destination de rêve: Chandigarh.
Mais on n'y est pas encore! 
Vu le temps que j'ai mis à parcourir 186km, à mon avis, il me faudra plusieurs vies pour traverser les 7500km qui m'en séparent!